Université Jean-Jaurès

Université Jean-Jaurès

février 27, 2018 Actualités 0

Toulouse. Un an après son inauguration, l’université Jean-Jaurès est déjà taguée de toute part

Inaugurée en novembre 2016 après 20 ans d’un chantier gigantesque qui a coûté 350 millions d’euros, l’université Jean-Jaurès à Toulouse est déjà complètement taguée.

En novembre 2016, c’est une université Jean-Jaurès flambant neuf qui a été inaugurée à Toulouse, du côté du quartier du Mirail. Après 15 ans d’un chantier exceptionnel, l’un des plus ambitieux de ces dernières années pour une université française, et un budget supérieur à 350 millions d’euros, l’université Toulouse 2 Jean-Jaurès retrouve alors une deuxième jeunesse sensée doper son attractivité. Reconnue pour ses équipes de recherche pointues en divers domaine, la fac de lettres porte en effet comme un boulet depuis les années 90 ses locaux complètement délabrés.

Un campus déjà dégradé par les tags et l’affichage sauvage

Remise en neuf dans le cadre d’un partenariat public-privé (PPP) qui va encore coûter de l’argent pendant des dizaines d’années, l’université des sciences sociales, de langues et de lettres croit alors se donner un nouvel élan durable sur le plan esthétique.

Un peu plus d’un an après cette inauguration en grande pompe, l’élan visuel est  retombé. Il suffit de se promener dans le campus, tagué de toute part, pour s’en rendre compte. Les murs des différents bâtiments sont recouvert par l’affichage sauvage, le mobilier utilisé pour bloquer les bâtiments a été de façon générale recouvert d’inscriptions… En grève depuis le mois de décembre 2017, ponctuellement bloquée, la « fac du Mirail » retrouve ses allures d’antan.

LIRE AUSSI : EN IMAGES. L’université Jean-Jaurès de Toulouse entièrement bloquée par les grévistes.

Le grand amphi recouvert de slogans contestataires

La présidence de l’université, aux premières loges, ne peut que constater les dégâts :

« De l’affichage sauvage, il y en a eu dès l’ouverture du nouveau campus au deuxième semestre 2016. Cet affichage sauvage a toujours existé sur ce campus alors que des panneaux « paroles aux murs » étaient répartis et en nombre suffisant. Les dégradations, elles, se sont amplifiées depuis le début du mouvement local, notamment à l’intérieur du bâtiment « Accueil » (Grand amphi) et se sont étendues aux graffitis ainsi qu’au mobilier intérieur et extérieur utilisé pour les blocages ».

Symbole du nouveau projet, le nouveau grand amphi de 750 places, qui devait permettre d’accueillir de grands événements scientifiques dans les meilleures conditions, est déjà recouvert de tags. Alors qu’il devait remplacer l’ancien amphi 8, réacteur (souvent en surchauffe) des contestations étudiantes passées, le nouvel amphi est déjà, en février 2018, dans un état similaire à celui de son prédécesseur qui s’était largement dégradé suite aux différents mouvements de grève.

En 2017, déjà des centaines de milliers d’euros de dégats

Ces dégradations régulières ont un coût. L’université l’estime à des centaines de milliers d’euros rien que pour l’année 2017. Par le passé, la remise en état d’un grand amphi, soit le remplacement du mobilier abîmé et l’enlèvement des tags, s’était élevée  à  « environ 20 000 euros« , explique l’université.

Sans présager du mobilier qu’il faudra remplacer à l’issue du mouvement de contestation, l’université rappelle que « ce ne  sont pas moins de huit millions d’euros de mobilier et d’équipements qui ont été installés dans l’ensemble des bâtiments neufs au moment de la livraison du nouveau campus ».

La présidence de l’université s’indigne

Aujourd’hui, Daniel Lacroix, le président de l’université, exprime son indignation devant cette situation :

Je déplore et condamne bien entendu ces agissements qui à la fois dénaturent un nouveau cadre d’études et de vie, pensé pour le bien être de toutes et tous, et auront un coût important. De fait, les moyens financiers qui seront investis dans ce poste de dépenses ne le seront pas sur des projets d’enseignement ou de vie étudiante.

Il poursuit :

« L’affichage sauvage, les graffitis touchent des espaces publics, ce qui est d’autant plus scandaleux pour une université de culture humaniste encourageant la libre expression et le débat d’opinion telle que l’Université Toulouse Jean-Jaurès. Ces dégâts sont encore plus visibles sur un campus neuf ».

Jusqu’à présent, l’action menée par l’établissement (nettoyage systématique, installation de nombreux panneaux pour l’affichage d’opinion, etc.) avait pu limiter l’étendue de ces dégradations. Le mouvement de contestation local qui paralyse actuellement une partie des activités de l‘université a amplifié ce besoin d’expression et a empêché l’intervention du personnel d’entretien.

Des agents de nettoyage pris à partie ?

« Avant le mouvement, une des solutions pour pallier à l’affichage sauvage était de nettoyer tous les jours. Cette action n’a pas pu être poursuivie car les personnels de l’université ainsi que ceux du prestataire extérieur se sont faits prendre à partie », ajoute l’université.

Contacté, Robin Cantaloube, militant à l’UET (Union des étudiants de Toulouse) et à ce titre l’un des meneurs de la contestation à l’université Jean-Jaurès, n’a pas répondu à notre sollicitation.

Pour l’heure, aucune estimation n’a été réalisée des travaux de nettoyage à venir. La note risque néanmoins d’être encore une fois salée.

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